Roxane Maurer

Artiste peintre – 1960-2014

Annie Roxane Maurer — par Françoise Rachmuhl

ANNIE ROXANE MAURER

Je t’ai d’abord connue sous le nom d’Annie Maurer.
Tu travaillais aux Editions Bérénice en illustrant les couvertures de leurs livres.
Tu assistais à leurs réunions.

Tu restais dans ton coin, tu ne prenais pas la parole, mais tu étais là, attentive, sérieuse.
Plus tard je t’ai rencontrée au Café de la Mairie, dans la même pose, attentive et muette, venue soutenir Valère qui présentait un de ses livres.

Je suis allée voir plusieurs de tes expositions. J’aime tes toiles aux teintes discrètes, tes dessins aux traits un peu tremblés, aptes à traduire le repos comme le mouvement. Tu ne te contentes pas de rendre la vie dans sa quotidienneté, il y a dans chacune de tes œuvres quelque chose de plus, un arrière-plan tendant vers... vers quoi ?...une sorte d’absolu peut-être. Elles réclament qu’on les regarde longuement, qu’on vienne à plusieurs reprises pour les regarder.
Quand on les découvre, on n’a pas besoin de chercher la signature, on sait tout de suite quel est l’auteur.

J’ai adoré le livre que tu as publié chez Bérénice, textes de Francis Vladimir, illustrations de Roxane Maurer. Désormais tu t’appelais Roxane.
« Je vous salue Venise ». Ainsi cette vision épurée, ces lignes bleutées proches de l’abstraction, c’était là ta Venise à toi, bien différente de la mienne, pourtant je la reconnaissais et je l’aimais.

La dernière fois que je t’ai vue, c’était à la Sorbonne Malesherbes, avec Chantal Portillo qui explorait les chemins de la création. Tu as honnêtement répondu à ses questions, tu as décrit ton parcours, présenté ton évolution, évoqué les difficultés que l’on rencontre pour devenir pleinement soi - une artiste.

Annie-Roxane, nous n’oublierons pas ton petit visage, prompt à trahir tes émotions, ta silhouette fine, ta distinction. Ta valeur et ta modestie, ta réserve et l’attention que tu savais porter aux autres.

Françoise Rachmuhl